lundi 11 juin 2012

elle est belle cette formule :
j'aurais pu.
elle est belle et acerée.

non s'il vous plait...
pas l'image du rasoir
ou du couteau d'ailleurs.

non
non et non.

elle est acerée,
comme un mur
un mur de marbre
ou de granito
qui
te
tombe
sur la gueule.

ta petite gueule  qui vieillit
tranquille
peinard
dans les plis du plumard
dans les courbes de l'échine qu'est devenue ton dos.

et ouais...
le temps acéré  c'est pas classe comme un coupe-chou.
le temps acéré c'est le bloc de Carrare que
tu vois tomber au ralenti,
len-te-ment,
avec le ciel qui s'amenuise
au plafond
de ta cellule.


j'ai revu Julien L aujourd'hui.
propre, nourri, marié, bonasse.
papa.
le regard mort, vide,
un sourire niais collé au visage pendant que sa gosse pleurait.

je gueule comme un chien.
je mordrai encore longtemps,
les pinceaux
entre les dents.

l'équation n'égale pas zéro
H2+O=H2O.






/media/Disque Local/art et musique/musica/to listen/Lightning Bolt - Wonderful Rainbow (2003)/06-Crown of Storms.mp3

lundi 12 mars 2012

norme

et au fait
n'oublie pas d’être beau et performant
tu n'oublieras pas
tu ne peux pas
tu ne dois pas
ceux qui oublient sont retirés
extirpés
supprimés
du flux des hommes

tu pourras te demander pourquoi
réfléchir un peu
et demander de l'aide
mais ces deux conditions sont indispensables
inaliénables
inévitables
obligatoires.

dans le noir tu essaieras de revoir ce que c’était avant
quand tu n'avais qu'a exister
quand ta seule présence était un miracle
quand la moindre de tes paroles pesait autour de toi
mais le souvenir s’étouffera de lui même
et avec le temps ne restera que ce vide
ce manque
cette incompréhension
cette certitude de n’avoir jamais été à la hauteur.

pas d'excuses et pas de compromis
tu n'y es pas
tu n'a pas le droit d’être là
disparaît
dans la brume
dans un brouillard
dans un cauchemar de faux inatteignable.

vendredi 9 mars 2012

+O

le temps change,
le temps est changé.
l'intersection est devenu rond point.



des mathématiques abstraites rayonnantes
nous en sommes aux maths pragmatiques et circulaires.

et tu peux la chercher la sortie Ducon
elle est d’où tu viens.
et tu l'as dans le cul, mon pote.
c'est pas en fonçant dans le garde fou que tu feras une porte ou que tu retourneras d’où tu viens.

faudra être nombreux et arrêtés en plein milieu
remplissant ce rond point
débordant partout
noyant les panneaux et leurs règles sous un flot de viande en colère.

prend du vin pour la route disait Léo
il a raison ça risque d’être long si t’arrête pas d'élargir la chaussée.




/media/Disque Local/art et musique/musica/to listen/Public Image Limited - Flowers Of Romance (1981)/Public Image Ltd. - 04 - Flowers Of Romance.mp3
/media/Disque Local/art et musique/musica/to listen/The jesus Lizard - Liar (1992)/02 Gladiator.mp3

lundi 26 décembre 2011

Ratisation

vide et vomissant
le regard vague et le cerveau désherbé,
prototype parfait de l'avenir
d'une race brevetée et obéissante.
jeune vieux ,vieux jeune abonnés présents
dans le flux du commercial ressac.
absents
deux mêmes.
de magnifiques coquilles
réactives et très au point,
qui functionnent en toute sécurité
sous surveillance.
2.1 enfants pour l’hygiène du pays
et pour l'ennui d'avoir à chercher
le partenaire sur le catalogue online
sans obligation d'achat mais avec
concession des droits communs universels sociaux (CLUF)
à une société canadienne immatriculée à Guernesey
qui dépend des tribunaux de Bangkok.

si vous me cherchez, moi ou mon ghost,
je suis sur mon réseau
sur mon HD
ou dans mon caveau,
mort depuis 30 ans.


/media/Disque Local/art et musique/musica/to listen/Nirvana - With The Lights Out 3CD (2004)/CD3/05 - I Hate Myself And I Want To Die (B-Side, 1993).mp3
/media/Disque Local/art et musique/musica/to listen/This Mortal Coil - Filgree And Shadow (1986)/22-The Horizon Bleeds and Sucks its Thumb.mp3

mardi 4 octobre 2011

dérouille(ment)

rimaille
tiraille
futaille
crétin.

c'est résumé
c'est donc vrai
c'est noir
con
et sans appel ni discussion.

nous sommes en octobre et il fait 30 degrés.

tout est normal.

samedi 16 juillet 2011

supports surfaces, oubli.

Far away,
de l'entrée, dans le salon, prés du canapé, sous un bloc note.
une liste qui ne s'oublie pas.

Une orgie métallique descendit sur un mince feuillet et ne s'arrêta
qu'à la vidange complète du corps de l'ex-amant.

Et allez c'est reparti pour une autre histoire merdeuse et misérable
qui mettra 6 mois à sombrer dans un oubli relatif (une semaine sous alcool).

Sous la verrière une lampe grillée se balance.

Ah le bel océan en formation,ce simple et souple écartement si lent, si lent,
qu'on ne peut le voir et pourtant il grandit et un jour les deux rives jointes auparavant qui pensaient ne jamais diverger n'arrivent plus à se voir et ne se reconnaitraient plus si par hasard un pont d'un milliard de kilomètres se jetait entre elles.

Non pas de certitudes, pas de sentences, une appréciation et un retour par écrit
d'une étude de la tectonique des cœurs des destins des vies.

Gâchis et pertes de temps car la sagesse ne rentre qu'à coup de pied dans les corps.

mardi 5 juillet 2011

Mon cul c'est du caviar,

et en cette période de chaleur je le pose délicatement sur un coussin de glaçons.
Sur un fond de musique concrète,je dégaze en douceur,mêlant aux effluves de parfums hors de prix
des nuances intestinales de selles chargées.
Fondant doucement sous la tendre chaleur de mes fesses,la glace se transforme en marigot où flottent des particules indéterminées.
Des mains avides se tendent et me frôlent en roucoulant des faveurs interdites auxquelles je répond en gloussant.
Une inouïe déférence m'entoure et je sais que tous veulent gouter aux fruits de mon cul. Ces fruits rares que je n'éjecte qu'une fois par jour en un fabuleux boudin sombre que tous rêvent de croquer.
Parfois quand la glace est encore vive et givrée il reste là, tout fumant sur son lit translucide.
Des verres en cristal de Baviere dansent au creux de mains manucurées qui portent à des lèvres parfaites et des dents immaculées un nectar urinaire qui vient de vieillir prés de quarante ans dans un fut de porcelaine turque.
Je n'ai pas le droit de les décevoir.
Je ne les déçois jamais.
Je ne suis pas de ceux qui attendent qu'un doigt s'introduise subrepticement dans leur anus pour hâter la défécation de ce trésor de raffinement.
C'est un art que mêler attente et satisfaction dans une symphonie où le crescendo n'est jamais trop long, mais toujours délicieusement accordé au spannungsbogen des convives.
Non.
Je n'ai pas le droit de les décevoir
et je ne les déçois jamais.
C'est toujours de la merde.